le blog de lianoire

C'est un blog qui brasse plusieurs domaines qui m'intéressent, la littérature, l'anthropologie et l'actualité politique en Afrique et en France. Soyez les bienvenus!

03 novembre 2009

les "mobilités éprouvantes"

Les immigrés représentent malgré tout un marché juteux pour l’Europe même si celle-ci dit qu’elle n’en veut plus.

Vient d’être appliqué, le paiement des cartes de séjour étranger, suite à la décision de la loi des finances de décembre 2008 passée en silence dont un paragraphe institue désormais une taxe de séjour sur le territoire français des immigrants hors union européenne. Allant de 250 à 300 euros pour les primo arrivants, cette taxe est de 30 euros pour ceux qui voudront renouveler leur titre de séjour sur le territoire français.

Si c’est pour reboucher le trou provoqué par la crise, c’est bien trouvé mais insuffisant et si on parlait des salaires des expatriés français à l’étranger et des 9000 euros mensuel de l’attaché culturel de l’ambassade de France au Niger (pays pauvre très endetté où ce sursalaire est une insulte devant les pères de famille qui gagnent 80 euros en moyenne par mois) comparé au salaire français dans l’hexagone ?

 

La France compte se redresser sur le dos des étrangers issus de l’ « immigration choisie » sélectionnés avec une rigoureuse opacité pour leurs talents a priori et qui une fois dans le pays d’accueil paient de nouveau le prix de la mobilité et du prestige d’être choisi par la France comme si depuis les préparatifs du départ l’ambassade ne lui demandait pas moult preuves de sa capacité de s’autogérer : un compte en banque garni, des proches qui ont réussi, une assurance santé en béton et je ne sais quoi d’autre encore.

Parce que l’Europe se veut résolument européenne et que seul le passeport européen ouvre le droit à la circulation libre alors que ceux qui viennent des pays pauvres sont condamnés aux mobilités éprouvantes : obligation de visa, reconduite à la frontière, refus d’embarquer, paiement de droit de séjour…

L’Europe et en particulier la France de Nicolas Sarkozy ne sait plus quoi inventer ce qu’elle appelle la vague migratoire, le flux migratoire alors que des études sérieuses ne se lassent pas de démontrer que les migrations sud-sud sont deux à trois fois plus importantes en nombre de déplacés que celui sud-nord. Alors à qui profite de créer la psychose, de perpétuer le mensonge ignoble au sujet des migrations internationales ?

Que dire, que penser de cette volonté alors aveugle, ténue et absurde de l’Europe à se barricader sur elle-même, à déployer des machines d’expulsion et des fonctionnaires chargés de faire fonctionner cette machine ?
Des banquiers aux pilotes d’avion, Sarkozy a réussi à faire des agents de l’état les complices de cette vaste campagne de dénigrement de la mobilité des citoyens du sud, de leur éloignement, de la restriction de leur liberté.

Aujourd’hui à l’ère de la mondialisation, le citoyen du monde devrait être américain, français, belge ou suisse et non sénégalais, guinéen, nigérien ou colombien. S’ils veulent être citoyens du monde, ils en paieront le prix très élevé : soupçon d’identité frauduleuse, fouille au corps poussée, paroles blessantes, formalités policières rallongées, etc.

De Madrid à Lisbonne en partant de paris, les voyageurs dans les aéroports sont à chaque fois témoins et spectateurs des scènes d’expulsion d’immigrants embarqués les premiers dans les avions qu’eux-mêmes prendront une demi-heure après. Si on assiste de moins en moins aux scènes de ligotage et de menotage des expulsés récalcitrants dans les aéroports et à bord des avions, les formules de reconduite restent une humiliation pour l’expulsé et pour tout spectateur capable de ressentir ne serait ce qu’une once d’empathie.

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07 septembre 2009

Un nouveau marché de l’immigration à Bobigny.

C’est à Bobigny que ça se passe cette fois-ci. Il y opère depuis quelque temps un nouveau groupe de migrants bien culottés qui ont créé devant la préfecture un nouveau type de marché qui consiste à vendre des places aux étrangers qui font la queue devant la préfecture pour demander une régularisation de leur titre de séjour ou une autre demande d’un ordre similaire.

                        Ce sont des indiens qui ont investi ce nouveau espace offert par une gestion migratoire catastrophique et honteuse. Ils se postent devant la préfecture de Bobigny à quatre heures du matin au plus tard cinq heures pour avoir les premières places, ensuite lorsque les candidats au renouvellement de carte de séjour se pointent et qu’une foule deux cents à trois cents personnes commence à se tasser, ces indiens se détachent un par un et aussi discrètement que possible pour aborder les usagers en leur proposant leur place situé en début de queue à raison de 30 euros la place.

Certains vendeurs poussant le culot jusqu'à revendre la même place 3 à 4 fois.

 L’offre en vaut la peine pour certains qui font la queue pendant plus de trois heures avant d’être reçu trois heures après et pour être refoulé parfois. La majorité des immigrés vivant en seine Saint-Denis et dépendant de la préfecture de Bobigny perd une journée de travail pour ce rendez vous administratif annuel qui a le tort de se multiplier de plus en plus à l’année.

Ainsi à la préfecture de Bobigny, on s’y rend et on y fait la queue pendant 6 heures pour se renseigner, pour prendre rendez vous ou pour demander un papier. Aucun autre service ne délivrant séparément ces informations, aucune correspondance téléphonique n’existant entre les usages et les agents de la préfecture. Alors beaucoup n’hésitent pas à payer une place devant la queue pour obtenir un rendez vous au plus tôt et retourner vaquer à ces occupations. Des mamans campent parfois avec un bébé dans la poussette dès six heures du matin et dans le froid. Cette nouvelle pratique à la frontière du temple de la gestion administrative des immigrés, s’est ouverte au vu et au su des policiers chargés de faire régner l’ordre à l’intérieur et à l’extérieur du bâtiment René Cassin.

Leur silence face à cette spoliation découlant d’un marché illégal est plus que troublant et ne dérive certainement pas d’une ignorance, puisque la vente des places ne se fait nullement à leur insu, au contraire.

Nombre d’usages ulcérés par cette nouvelle pratique, n’ont pas hésité à interpeller les forces de l’ordre mais ils n’ont eu droit qu’à une indifférence superbe témoignant de la complicité de la police française avec ce nouveau réseau de l’illégal.

Quant aux indiens qui revendent leur place, ils essaient d’opérer le plus discrètement et le plus efficacement possible même si de violentes altercations s’en suivent à la porte de la préfecture tout cela sous l’œil complaisant des administrateurs.
Elle est belle la France.

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19 mai 2009

Africains qui ne comptons pour rien

C’est officiel la Lybie en acceptant de l’Italie, trois bateaux de patrouilles le 14 mai et de prendre le relais d’endiguement de l’afflux des migrants, est devenue l’allié de Berlusconi.

L’histoire d’amour a commencé depuis que l’Italie a signé avec la Lybie un « traité d’amitié » en  août 2008 et s’est excusé pour les années d’ « occupation » de la Lybie en proposant d’investir 5 milliards de dollars sur 20 ans pour des « infrastructures de base » .

Avec ce traité de paix, l’Italie en a profité ou s’en est servi pour rappeler l'accord qui liait les deux pays sur la chasse aux migrants.

Aujourd’hui ceux qui tenteront d’atteindre la côte italienne de l’ile de Lampedusa seront refoulés vers la Lybie quelque soit leur origine et au niveau de la Lybie détenus dans des camps de rétention, les migrants seront renvoyés dans leur pays respectif.

melilla_grillage_immigrL’on ne reviendra pas sur la cruauté et le racisme de l’administration libyenne quand il s’agit de migrants originaires d’Afrique au sud du Sahara (elle a été traitée par les médias et par le témoignage de Fabrizio Gati) mais la violation flagrante de la convention des Nations unies de 1951 sur le droit d’asile ratifié par l’Italie.

Si  M Kadhafi méprise les accords pris à l’international et le fondement des droits de l’Homme en acceptant de l’Europe de sous traiter la migration clandestine , on peut s’interroger sur la position que va prendre les dirigeants africains notamment ceux les plus concernés dans cette affaire.
Le président controversé de l’Union Africaine sera-t-il ramené à l’ordre ou encore une fois nos dirigeants africains préféreront la politique de la lâcheté au nom de la manne financière détenue par la Lybie qui sert depuis des années à corrompre des Tandja, des Compaoré et autres menus dictateurs ?

Les présidents de l’Union Africaine se sentent-ils concernés par le sort des migrants somaliens, libériens, nigérians précipités sur la route de l’exil du fait même de la mal gouvernance et des conflits causés par ces mêmes présidents ? Ou encore une fois sur cette question cruciale et problématique comme d’autres, les africains compteront pour rien aux yeux de leurs chefs d’Etat ?

PHOTOS:

Melilla, Espagne, photo AFP

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06 décembre 2008

Exiger des visas aux migrants subsahariens

A part une police déléguée qui instaure des centres de rétention au nord de l'Afrique (Mauritanie, Maroc et Lybie), une répression des migrations internes africaines qui ont des siècles d'existence, il faudrait instaurer des visas pour les voyageurs subsahariens en direction du Maghreb.
Tels sont les propos tenus pas par n'importe qui. Jean-Luc peduzzi ancien PJ en corse et dans les banlieues et responsable des stup, travaille par ailleurs sur la question des trafics au Mali et en Mauritanie. Nommé par le ministère de l'intérieur français pour se charger de la sécurité extérieure de l'UE, l'homme qui a déjà publié aux Presses de la cité Etranger, L'argent de la terreur dans lequel, il revient sur le financement des groupes terroristes, semble bien être un modèle européen et sarkozyien de la question immigrée.
Au sein d'une institution qui se veut bien pensante comme l'Ifri (institut français des recherches internationales) , s'est tenu aujourd'hui une conférence sur les "questions sécuritaires au marge de l'espace méditerranéen" et qui s'est focalisée sur la zone sahélo-saharienne comprenant le Niger, l'Algérie, la Mauritanie et la Libye.
Si Peduzzi est un homme d'action qui compte l'argent sale, dénombre les kilos de cocaïne qui transitent en Afrique subasaharienne et en Afrique du nord, résonne en logistique et se targue d'avoir doté Nouatchott du plus moderne bâtiment d'investigation dans la question des trafics illicites, l'on se demande jusqu'où l'UE ira pour canaliser les déplacements des populations africaines dont l'essentiel des mouvements (l'on ne le dira jamais assez) reste cantonné dans le continent. Ainsi ne faudra t-il pas seulement enfermer les migrants pour leur couper la route, ni armer les maghrébins pour qu'ils fassent la police à la place des européens, il faut également repenser les accords bilatéraux entre pays africains sur la question de la mobilité.

Car la psychose européenne, c'est sa sécurité et sa sécurité, c'est la réduction des migrants originaires de l'Afrique noire (même s'ils sont une minorité ) dans le zone UE. Préoccupation qu'a compris Peduzzi qui y travaille par ailleurs.

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05 novembre 2008

Et si on refaisait Vichy?

La réunion ministérielle qui s'est tenue mardi à Vichy sous la direction de M Brice Hortefeux n'a pas manqué de susciter les polémiques depuis deux jours en dehors des manifestations de protestation (violemment réprimées et retardées) de ce qui est présenté comme une dérive européenne des lois sur les migrations.OPcoloniale
Cette troisième réunion du type a choisi un lieu hautement symbolique controversé et resté dans les annales de l'histoire pour être rattaché à une certaine France de 1940, la France des collabos, la France alliée du nationalisme allemand, la France complice des rafles des juifs, francs- maçons et résistants.
On connait la symbolique que revêt Vichy et le choix de ce lieu est à inscrire dans son sens politique.
Vichy qui a acquiescé au nationalisme allemand serait-il prêt à renaître face à cette poussée du nationalisme français dont l'extrême est la création d'un ministère à son effigie?
Cette réunion censée créer une "boîte à outils" pour penser, définir et mettre en acte "l'intégration" au niveau de chaque pays des 27 est une aberration.
"L'intégration" elle-même échoue à être pensée comme une politique devant aller dans les deux sens.
Au delà du sens de Vichy et de son lien avec les nouvelles lois sur les migrations, on ne peut manquer de rappeler, souligner tirer la sonnette d'alarme sur:

-le recul du droit et de la justice sociale dans le pays de notre ravissante Rama Yade au pouvoir fantoche

-la naissance d'un nationalisme ambiant, étatisé et institutionnalisé

-l'imposition et la sacralisation de l'hymne nationale ( à ce propos pour rire suivre la proposition sur ce blog tenu par des étudiants en Droit de l'Homme de l'Essonne) comme réponse aux siffles tunisiens qui exacerbe un chauvinisme qui ne dit pas son nom

affiche_de_prop_1941-l'amalgame entre sans-papiers, demandeurs d'asile et généralement "étrangers" catégorie difficile à définir et qui autorise des dérapages

-le consensus européen autour de la question de l'immigration et des politiques migratoires aujourd'hui

Inquiétant.

PHOTOS:
1) dessin, http://www.opcoloniale.fr/files/OPcoloniale.jpg

2) affiche de propagande en 1941

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22 juin 2008

Une oeuvre, un homme, un témoignage sur les nouveux esclaves du XXI ème siècle

Un courage indomptable au service de l'information et de la vérité.

Fabrizio Gatti n'en est pas à son premier essai.fabrizzio_gatti_portrait_gatti2WEB
L'un des journalistes les plus intrépides de son temps s'est déjà infiltré dans un camp de rétention où on détenait des roms en se faisant passer pour l'un des leurs en Italie.
Même expérience en Suisse avec les réfugiés kosovars fuyant les exactions contre les musulmans et pourtant emprisonnés à leur arrivée.
Avec ce voyage dangereux à travers le Sahara sur la route des migrants, Gatti qui prendra le prénom symbolique de Bilal l'esclave, premier muezzin noir et premier homme noir musulman du temps du prophète selon les récits, entreprendra de Dakar à la Lybie, un périple singulier pour quelqu'un de sa couleur et de sa profession. Car la couleur de la peau est déterminante en Afrique et jouera pour Gatti en lui sauvant la vie contrairement aux migrants embarqués avec lui dans un camion, d'Agadez à la Lybie en passant par le Ténéré.
Nigérians, sénégalais, maliens, ghanaéens, sierra-léonais, battus, expoliés par les militaires, victimes d'un racisme brutal. Celui qui ne fait débat et qui fait rage, rejetant des burkinabés or de la côte d'ivoire ou des zimbabwéens or de l'Afrique du sud. Le racisme entre africains, le racisme entre noirs.
"C'est ça l'Afrique!" ne cessent de répondre ces apatrides se disant stranded, qui n'ont plus rien à perdre.
Un passage dans le livre (pages 22-23) au Sénégal, une fille saisie par le rêve de l'immigration comme 56% des sénégalais selon le New York Times,  raconte qu'à cause de la pêche industrielle au profit de l'UE suite au traité avec le Sénégal, les pêcheurs artisanaux jettent leurs nasses pour cueillir du vide, alors ils préfèrent louer leurs pirogues aux trafiquants qui mènent les clandestins à travers la mer en direction d'une Europe improbable.contr_le_militaires_madama_gatti

Gatti efface le je et s'efface presque, pour mieux témoigner, nous transportant en plein désert, là où ne règne que le souffle chaud du vent qui éponge méthodiquement les passages, les traces de vie, la parole emportée, les espoirs; là où quand on tombe dans l'infortune d'une panne de camion trop surchargé d'immigrés, on peut attendre,  attendre, attendre encore pendant que nos réserves d'eau et de vie s'amenuisent et que le soleil finit par brûler tous les sacrifices consentis. On tombe sur le sable qui engloutit très rapidement ce que nous avons été. Des centaines de clandestins hommes et femmes tombent et meurent de fatigue chaque année quelque part dans le désert du Sahara en tentant de rejoindre un ami, un parent, du travail, de l'espoir de l'autre côté d'une frontière que les hommes ne savent même pas définir.

Au fil des pages de ce récit, l'on sera tour à tour giflé par le désespoir des voyageurs, l'exploitation des corps des femmes pour passer la frontière, mais surtout la brutalité des hommes de pouvoir, les militaires nigériens en premier, plongés dans un trafic d'esclaves, de cigarettes et de cocaïne provenant du Nigeria, qui ont le mépris de toute chose sauf du gain. On suivra avec l'auteur le cheminement dans le désespoir des milliers d'africains que les choix partisans de leurs dirigeants cupides, la faim, la violence, le chômage, la corruption, l'Europe qui ne cesse de pomper les richesses des pays sub sahariens au détriment des populations, auront conduit à se sacrifier de la sorte.stranded_dans_le_d_sert_gatti

Seule fausse note, le journaliste parait dès le début un peu trop attentif à el-jama'a es-salafiyya li daw'a wal quital plus connu sous le nom du GSPC (groupement salafite pour la prédication et le combat) devenu en avril dernier Al-quaïda au pays du Maghreb islamique, à tel point qu'à un détour on ne s'étonne pas qu'il croit réellement les croiser,  c'est l'un des passages les plus improbables dans ce livre, sinon Gatti est sans conteste un journaliste au courage inébranlable en plus de posséder une écriture agréable.

Bilal sur la route des clandestins, Fabrizio Gatti, Editions Liana Levi, 2008, 478 pages,  21€

PHOTOS:
1) Portrait Fabrizio Gatti, Copyright Gatti
2) Contrôle des militaires dans le Sahara, Copyright Gatti
3) Migrants au repos, photo Gatti

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21 juin 2008

Une union des pays du tiers monde contre la directive européenne est possible

ça y est La directive retour a été voté le 18 juin par le parlement européen.
Les vagues de protestations populaires n'y ont rien fait.
Le seul espoir pour que cette directive qui fait formellement et uniformément dans l'Europe des 27, du clandestin enfant et adulte un criminel à enfermer et à exclure lève le tollé chez les chefs d'état des pays d'où la plupart des migrants sont issus. Par cette directive qualifiée de honteuse, l'immigré clandestin en cas d'expulsion sera éloigné de l'Europe pendant cinq ans.
Les chefs d'état H. Chavez et E.Morales ont donné le ton et demandent aux dirigeants africains de s'unir à eux contre ce qui est aujourd'hui une violation des droits de l'homme. J'espère que la demande sera entendue chez M.Tandian au Niger, qui comme H Chavez peut et a des moyens de pression sur la France dépendante de son uranium , chez M.Yar Adua qui peut fermer le robinet du pétrole au Nigeria, chez Mme H Jonhson du Liberia, chez L Gbagbo en Côte d'ivoire, au Congo Brazaville, en RDC, au Sénégal, etc.
Que les chefs d'état africains oublient pour une fois  leurs dissensions, leurs propres intérêts, leur égoïsme et se rendent compte que dans cette affaire comme dans d'autres questions qui touchent les intérêts des populations de leur pays, ils ont le moyen de négocier et des moyens de pression réelles.
La dérive protectionniste, sécuritaire et xénophobe en Europe a des retombées dans le monde et particulièrement en Afrique où les pays que sous traitent l'Europe comme le Maroc dans la question de l'immigration clandestine n'hésitera pas à sévir contre les clandestins comme elle le fait déjà à la frontière.
Cette directive et les lois contre l'immigration divisent les états africains de la Tunisie à la Lybie en encourageant les pays à punir les clandestins, ce qui se traduit par des atteintes graves au droit de l'homme (bastonnade et tortures en Lybie, course poursuite au Maroc avec lâchage de chiens sur les migrants, etc).
Il est temps que ça cesse, les migrants sub sahariens ne sont pas des esclaves ni des bandits, l'immigration n'est que le produit des politiques inégalitaires africaines et européennes et la responsabilité de tous doit être posée avant de pondre des lois aussi scélérates.

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01 juin 2008

la lutte contre l'immigration ou le nouveau terrorisme d'état

La lutte contre l'immigration ou le nouveau terrorisme d'état

La conférence du 30 mai à la Sorbonne, organisée par l'observ.i.x Observatoire de l’institutionnalisation de la xénophobie créé en 2007, n’est pas une première mais les thématiques débattus par cet observatoire sont plus que jamais d’actualité. Pour rappel l’observ.i.x regroupe des chercheurs le_courgrandmaisonjpgde différentes disciplines des sciences de l’homme qui réfléchissent, débattent et agissent sur des thématiques telles que l’immigration, la xénophobie, le concept d’identité nationale, l’altérité, etc.
La création de l’observ.i.x a été suscitée par l’invention du fameux ministère de l'immigration, de l'intégration de l'identité nationale et du codéveloppement devenu il y a peu le ministère de l'immigration, de l'intégration, de l'identité nationale et du développement solidaire. S’interroger sur cet intitulé changeant et des compétences réelles de ce ministère a été une question centrale d’autant plus que le ministère de M Brice Hortefeux semble réellement souffrir de problème identitaire (décidément!). la_fin_de_l__tudiant__tranger_serge_slama
A l’heure où l’UE s’apprête recevoir la direction française, qui propose un « pacte européen sur l’immigration et l’asile » et que les minsitres européens préparent le "projet de directive retour" avec une possibilité de rallongement de la durée de rétention des étrangers « clandestins » de 18 mois (il est fixé à 32 jours en France, 60 jours en Italie), la condition des étrangers sur le territoire européen est de plus en plus préoccupante à travers les politiques qui les concernent: regroupement familial soumis à des conditions comme le test d’ADN, multiplication des camps de rétention et des durées de détention, détention et expulsion d’enfants, etc.
Ce que Olivier le courgrandmaison dans son intervention énergique nomme la xénophobie d'état pointe du doigt un phénomène complexe qui doit tenir éveillé.manifestation_sans_papiers_contre_la_loi_d_immigration_de_Sarkozy_juil_07


Si le constat semble le même, comme l’a rappelé des participants du débat, immigrés eux-mêmes : rien n’est nouveau sous le ciel de la politique, autrement dit ce qui se passe actuellement dans la question immigrée doit être compris et relu à travers le prisme historique (crise des années 30 puis 80) et à mon avis un tour au musée de l’immigration si injustement sous-médiatisé, pourrait aider à comprendre.

Les intervenants auront pointé du doigt et re-questionné avec raison l’expression identité nationale qui pose problème et qui demeure selon Monique Selma (chercheuse IRD)un complément de la xénophobie (rappel la côte d’ivoire en posant le débat d’une ivoirité en est venue à une xénophobie spectaculaire qui a conduit à ce qu’on sait).

Les étrangers rangés en catégorie de désirables (type Rama Yade) et de non désirables (type Elisabeth Guerin menacée d’expulsion à la mort de son mari français) sont les nouveaux terroristes du siècle et permettent aujourd’hui aux politiciens de faire carrière et campagne parfois à succès de la Norvège en Italie en passant par la France qui veut une immigration choisie et non subie (posons nous la question de qui choisit et sur quel critère et pourquoi ?)! Car les immigrés sont aujourd’hui un « problème »; stigmatisés, raflés, emprisonnés, détenus, expulsés, ils font « problème » surtout parce qu’ils sont difficilement intégrables d’où l’instance du sieur Hortefeux et de son gourou Sarkozy sur le concept d’"intégration" (apprentissage de langue française, des valeurs nationales et du respect entre homme et femme, etc), ce serait intéressant et même important si ce concept d’intégration ne donnait pas cette effluve de déni de reconnaissance de l’identité cette fois ci de l’immigré !interpellation_et_arrestation_d_un__tranger_Saint_Denis_2006


On en reparlera...

PHOTOS et COUVERTURE:

1)Olivier Le Cour Grandmaison, Gilles Lhuilier, Jérôme Valluy (dir.), Le retour des camps ? Sangatte, Lampedusa, Guantanamo... . Paris : Autrement, 2007.

2) Serge Slama, La fin de l'étudiant étranger, Paris, L'Harmattan, Novembre   1999.

3) Manifestation nationale contre la loi  CESEDA, 13 Mai 2006 , Paris, Photo Lianoire.

4) Interpellation et arrestation d'un sans-papier, Saint-Denis, 2006, Photo Lianoire.

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