le blog de lianoire

C'est un blog qui brasse plusieurs domaines qui m'intéressent, la littérature, l'anthropologie et l'actualité politique en Afrique et en France. Soyez les bienvenus!

02 octobre 2009

Malaise social au pays de la téranga

Une autre enjambée de la méditerranée cette fois-ci pour déposer 3 sacs chez moi au Sénégal. Quelques jours pour dialoguer et me ressourcer chez les miens. Je n’aime plus le Sénégal non pas depuis que je l’ai quitté mais depuis que j’y reviens chaque année comme une vague en remous, la même vague qui échoue sur la plage, entêtée et embêtée, lascive.
Je n’aime plus le Sénégal parce que mon pays est de moins en moins aimable et comme je n’aime pas
la France non plus c’est un peu embêtant de ne pas savoir où poser mes bagages.
Je n’aime plus le Sénégal au même titre que tous ces sénégalais qui sautent dans les pirogues et autres embarcations de fortune pour des destinations incertaines toujours en quête d’un ailleurs meilleur.
Je n’aime plus le Sénégal comme ces fils du pays qui ne rêvent que de quitter les bras étouffants mais désarticulés du terroir de la téranga. Je n’aime plus le Sénégal comme ces jeunes qui rythment leur souffle au désir de l’étranger.
Le Sénégal est le seul pays du monde sans doute où à quasi unanimité tout le monde rêve de foutre le camp sauf bien entendu la portion minoritaire qui s’attribue 80% des richesses du pays.

Sinon la jeune génération d’aujourd’hui prend la poudre d’escampette, les touristes affluent beaucoup moins sur nos plages si prisées avant, les pépés et mémés retraités européens qui avaient construit château de retraite devant les plages de Saly, affichent tous la même pancarte : à vendre.

Allez voir !renaissance

Du côté du désespoir, j’ai vu des jeunes footballeurs hier descendre une rue du quartier Castor pour aller disputer un match qui scandaient des chants religieux les yeux fermés au milieu du goudron comme une horde de fanatiques sauvages. Des chants religieux pour aller jouer un match.

J’ai vu le 25 septembre 2009, la radio walfadjiri saccagée par une horde de jeunes qui prétendent être envoyés par leur marabout.

J’ai vu encore hier brûler l’immeuble Tamaru où siège l’ANOCI (Agence Nationale de l’Organisation du Conseil Islamique) dirigé par le très détesté fils du président de la République, et l’ensemble du gouvernement, la police, la gendarmerie, l’armée française affluer devant l’immeuble pour sauver le fils prodigue, chef à lui seul de quatre ministères. J’ai vu les journalistes de Walf assister impuissants au saccage de la pensée libre si haïe par nos actuels dictateurs.

J’ai vu Dakar, avant capitale de l’Afrique de l’ouest, joyau des indépendances, fierté des artistes et écrivains, et d’une poignée d’africains qui croient encore à tort que le joyau est toujours aussi brillant, j’ai vu donc Dakar dans l’eau de pluie, envahi par le débordement des fosses septiques, les ordures qui l’acculent, les routes du centre ville jalonnées de nids de poule. Méconnaissable. Dakar est devenu un dépotoir sous régional, une ville clochardisée explosant par ailleurs sous les migrations venant des campagnes et des pays frontaliers instables ; Guinée, Côte d’ivoire, Nigeria, Sierra leone.
J’ai vu la ville plongée dans le noir une dizaine d’heures par jour et le reste du pays avec. Tout va bien dans le Sénégal qui se porte mal. La marmite bout à une température extrêmement surélevée, il est à redouter qu’elle n’explose plus vite qu’on ne l’aurait cru.

« Bientôt nous serons pareils que les niaks, ça sera le règne de l’anarchie » dit un citoyen excédé devant le spectacle du saccage de la radio Walf. L’ethnocentrisme sénégalais qui frise presque le racisme n’est bien sur jamais en veilleuse. Les niaks pour désigner ceux de l’Afrique de l’Ouest ou centrale non musulmans : béninois, burkinabés, etc.
Mais mon pauvre compatriote prends tes sandales cours, cours, cours jusqu’à Ouagadougou puis prend l’un des bus climatisé de la capitale avec téléviseur à l’intérieur s’il vous plait (un confort qui n’existe pas encore du Sénégal, nous sommes encore au Dem Dik pourris, aux cadavres ambulants que constituent nos 7 places, Ndiaga Ndiaye et autres éléments à moteur rafistolés.) pour descendre à Cotonou, tu verras cher compatriote sénégalais que des niaks, tu auras beaucoup à apprendre : la discipline chez les burkinabés, la propreté chez les béninois de la capitale pas un papier sur les artères de la capitale et surtout une joie de vivre qui fuit les sénégalais du XXIème siècle qui se disent tous maraboutés.

Je veux bien y croire.

Pour vous résumer chers amoureux du Sénégal, nostalgiques, lecteurs du blog, visiteurs accidentels de ces pages, l’ambiance au Sénégal est chaotique, le malaise social est dans chaque souffle.

J’y reviendrai.

Image:
Monument de la renaissance sous les inondations,www.blogs-afrique.info/senegal-politique/inde

 

 

Posté par lianoire à 20:47 - Accents d'Afrique - Commentaires [2] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Commentaires

avec le lien c'est mieux

c'aurait ete sympa de mettre la provenance du montage... Je ne vois pas d'inconvenients à ce que l'on réutilise mes textes ou montages Mais... Avec ubn lien

Posté par naomed, 23 octobre 2009 à 01:47

je suis desole de mon commentaire précédent je n'avais pas vu le lien en fion de texte
cordialement
naomed

Posté par naomed, 23 octobre 2009 à 01:53

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