07 septembre 2009
Le pays des femmes qui pissent debout
De retour depuis deux semaines de la capitale économique béninoise, il y a
une obsession dont j’aimerai vous faire part.
Je n’ai eu l’opportunité de sortir
de Cotonou qu’à trois reprises pour emprunter
entre autre la route des pêches et aller jusqu’au royaume du vaudou et la côte
des esclaves : Ouidah.
Mais ce qui me frappe dans le pays
de Yayi Boni ça n’a été ni l’histoire de l’esclavage ni les facettes du vaudou
que je ne connais pas encore, pas plus que je n’ai été inspiré par le musée du
retour du sieur Gbodossou, un béninois ayant créé une Organisation de médecines
traditionnelles à Dakar perché sur les
cote de bel air à et qui est venu bâtir dans son pays natal un musée de retour
de la diaspora qui n’inspire que ceux qui croient à sa mixture de
panafricanisme mélangé à des rites de renaissance dosé d’une louche de discours
racial, bref un type complètement controversé aux allures de charlatan
« civilisé ».
Ce qui m’a inspiré ce sont les
femmes béninoises qui pissent…debout s’il vous plait.
Dans mes pérégrinations je m’étais
faite la réflexion en voyant pendant les pauses de longs voyages, les hommes courir et pisser au bord de la
route que décidément de Dakar à Cotonou en passant par Niamey et Ouagadougou, les hommes ne pissaient pas
debout de la même manière.
Du coup je m’étais promis de
faire une réflexion couchée sur le blog des différentes cultures du «
pissé debout » chez les africains de l’ouest.
Mais de voir les femmes béninoises
pisser debout j’en perds la plume.
Les hommes passeront après.
Mais d’où vient donc cette manie
que je nommerai guerrière de pisser debout chez les femmes béninoises.
Je n’ai pas encore assez visité le
monde pour vérifier s’il existe pareil cas dans autre partie du monde mais
j’invite les lecteurs à témoigner d’autres expériences similaires.
Le bénin ancien Dahomey est connu
pour ses célèbres guerrières nommées amazones qui composant l’armée royale de
Béhanzin. J’aurai tendance à assimiler la façon de pisser debout à une posture
guerrière, les femmes ici font moins de manière que nous autres africaines au
final. Elles pissent comme des hommes exactement ou presque relevant leur pagne
elles écartent les jambes, la plupart ne s’embarrasse pas de culotte, tiennent
un bout de clitoris et jettent leur jet !
Magnifique!
Les béninoises
seraient-elles moins coincées que les occidentales et leurs consœurs
africaines ?
Elles ne paraissent pas dans tous
les cas s’embarrasser d’une quelconque féminité en tout cas dans son acception
courante ou faire des manières. Elles y vont : vieilles ratatinées comme
jeunes adolescentes en passant par les dames.
Mon petit doigt me dit qu’il
faudra frapper la porte des anthropologues et des historiens béninois et faire
un come back to the past pour voir si la manière de pisser debout chez les
béninoises ne remonterai pas à une période plus lointaine et ne s’ancrerai pas
dans le passé.
A suivre…
Photo:
1) Devant la porte du retour, des béninoises qui passent, Ouidah, Juillet 2009
2) Legba, Divinité Vaudou qui est le gardien des carrefours et des seuils, c'est le porte parole divin entre les vivants et les morts, Forêt sacrée de Ouidah, juillet 2009, copyright Lianoire
Un nouveau marché de l’immigration à Bobigny.
C’est à Bobigny que ça se passe cette fois-ci. Il y opère depuis quelque temps un nouveau groupe de migrants bien culottés qui ont créé devant la préfecture un nouveau type de marché qui consiste à vendre des places aux étrangers qui font la queue devant la préfecture pour demander une régularisation de leur titre de séjour ou une autre demande d’un ordre similaire.
Ce sont des indiens qui ont investi ce nouveau espace offert
par une gestion migratoire catastrophique et honteuse. Ils se postent devant la
préfecture de Bobigny à quatre heures du matin au plus tard cinq heures pour
avoir les premières places, ensuite lorsque les candidats au renouvellement de
carte de séjour se pointent et qu’une foule deux cents à trois cents personnes
commence à se tasser, ces indiens se détachent un par un et aussi discrètement
que possible pour aborder les usagers en
leur proposant leur place situé en début de queue à raison de 30 euros la
place.
Certains vendeurs poussant le culot jusqu'à revendre la même place 3 à 4 fois.
L’offre en vaut la
peine pour certains qui font la queue pendant
plus de trois heures avant d’être reçu trois heures après et pour être refoulé
parfois. La majorité des immigrés vivant en seine Saint-Denis et dépendant de la
préfecture de Bobigny perd une journée de travail pour ce rendez vous
administratif annuel qui a le tort de se multiplier de plus en plus à l’année.
Ainsi à la préfecture de Bobigny, on s’y rend et on y fait la queue pendant 6 heures pour se renseigner, pour prendre rendez vous ou pour demander un papier. Aucun autre service ne délivrant séparément ces informations, aucune correspondance téléphonique n’existant entre les usages et les agents de la préfecture. Alors beaucoup n’hésitent pas à payer une place devant la queue pour obtenir un rendez vous au plus tôt et retourner vaquer à ces occupations. Des mamans campent parfois avec un bébé dans la poussette dès six heures du matin et dans le froid. Cette nouvelle pratique à la frontière du temple de la gestion administrative des immigrés, s’est ouverte au vu et au su des policiers chargés de faire régner l’ordre à l’intérieur et à l’extérieur du bâtiment René Cassin.
Leur silence face à cette spoliation découlant d’un marché illégal est plus que troublant et ne dérive certainement pas d’une ignorance, puisque la vente des places ne se fait nullement à leur insu, au contraire.
Nombre d’usages ulcérés par cette nouvelle pratique, n’ont pas hésité à interpeller les forces de l’ordre mais ils n’ont eu droit qu’à une indifférence superbe témoignant de la complicité de la police française avec ce nouveau réseau de l’illégal.
Quant aux indiens qui revendent leur place, ils essaient d’opérer
le plus discrètement et le plus efficacement possible même si de violentes
altercations s’en suivent à la porte de la préfecture tout cela sous l’œil complaisant
des administrateurs.
Elle est belle la France.