le blog de lianoire

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27 février 2009

Chinetoc en Afrique

L’argument récurrent avancé par les consommateurs africains pour la préférence des produits chinois est que ceux-ci sont les moins chers du marché. Devant les produits locaux ou européens, le budget disponible, l’hésitation ne perdure pas, on choisit de consommer chinois. Et les consommateurs d’ajouter clairvoyants : « même si les made in china ne sont pas de bonne qualité… »

On ne le récuse pas, nous les africains sommes si démunis que très rarement nous avons le temps de raisonner sur la bonne qualité des produits consommables. Nous ne cessons de privilégier la quantité du moins cher, la quantité et le moins cher. Au XXI ème siècle, les visites de « courtoisie » de Hun Jin Tao ont lancé la donne : c’est le temps de la chine en Afrique. Beaucoup d’africains en sont ravis, nos chefs d’état en tête.

Le dossier de la chine en Afrique est lourd, des centaines de débats et de controverses ne l’épuiseront pas. Et il y en aura des centaines de débats.

Pour en revenir à l’argument de la plupart des consommateurs africains dont le pouvoir d’achat se résume à peu et qui consiste à dire qu’il vaut mieux acheter chinois parce que c’est moins cher, je le récuse.

Pour cela point n’est utile de partir d’étude de cas. Chinafrique_t

La consommation des produits chinois nous invite à acheter moins cher sur le marché africain mais aussi moins résistant, ce qui nous pousse à racheter parce que le fort des produits non résistants c’est de ne pas durer longtemps. Avez-vous remarqué la durée de vie d’un couteau made in china, d’un plateau, d’une brosse à cheveux, d’un appareil électronique ?

Or la logique du marché chinois en Afrique c’est de refiler des produits de mauvaise qualité qui se détériorent vite pour que le consommateur en rachète. Ce qui coûte plus cher que d’acheter un matériel garanti et de bonne qualité qui a une durée de vie plus longue.

Alors pourquoi entrons nous dans la logique de ce marché ?

Si nous regardons de plus près les produits chinois déversés à centenaire ou ailleurs, il s’agit de gadgets en nombre incroyable non recyclables qui finissent sur nos pavés : de petites figurines massaï, des jouets en plastique, des objets décoratifs de la même matière d’aucune utilité réelle et encombrant et même des portraits faussés des marabouts ( Baye Niass, Serigne Touba).

Les échanges entre la chine et l’Afrique sont inégaux quoiqu’en dise l’actuel ambassadeur de la chine en France (entretien sur RFI), car il s’agit pour le premier de nous refiler des produits dont nous pouvons nous passer, non écologiques, désuets, de la pacotille contre des octrois de marché juteux, du pétrole au Nigeria, de l’uranium au Niger, du diamant au Congo.

Pendant ce temps, nos petits artisans qui travaillent de leurs mains abandonnent le métier, nos menuisiers n’ont plus de commande, les petits pêcheurs d'Angola abandonnent la partie devant les bateaux de pêche industriel des chinois qui draguent la mer.

Défendre notre activité économique au sein, les petits métiers, notre artisanat local, nos ressources minières et halieutiques relève à partir de cet instant non pas d’un renouveau de protectionnisme, ni d’un nationalisme, ou d’un continentalisme à l’africaine mais d’une logique de survie.

Il serait temps pour nos dirigeants d’arrêter de faire les grands enfants qui se font berner, et de négocier d’égal à égal pour la survie de nos économies nationales.

 

Posté par lianoire à 12:25 - Accents d'Afrique - Commentaires [2] - Rétroliens [0] - Permalien [#]



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